Classe 25

Publié le par daniel salmon

Pau, le 20 décembre 1917

 Mon cher Ernest,

 Je n’oublie pas ton anniversaire. Ce n’est pas tous les jours qu’on a 12 ans. Je t’envoie des petits soldats et un canon, comme sur la photo. J’espère que tu penses bien à nos soldats qui, au front, embrochent les boches à la baïonnette. Comme tu le sais, nos poilus sont dans les tranchées. Là bas, l’héroïsme est plus fort que la mort, la gaieté plus forte que le cafard et la patience plus forte que tout. Le poilu qui possède ces trois vertus est invincible et a le droit de crier bien fort «  on les aura ! »(  1)

 Quand la guerre sera finie et que nous aurons retrouvé nos chères provinces de l’Est, nous irons voir nos troupes défiler sur les champs-élysées. Nous ferons la fête. Nous aurons aussi une pensée pour ceux qui ont donné leur vie, pour les gueules cassées, pour les infirmes, pour les amputés, pour les invalides, pour les veuves et pour les orphelins. Je t’embrasse. Ta tante

 

 Léonie

(1)   Cette phrase est extraite d’un livre destiné aux  enfants «  Jusqu’au bout » par G.Meunier, publié en 1917. La littérature enfantine dans ces années a atteint des sommets qu’il faut espérer ne jamais revoir.

 (2)    Note de l’auteur : Pendant la grande guerre deux amis, soldats au front, se jurèrent que si l’un d’eux était tué, l’autre irait prévenir sa famille. Le fils Chaumont fut touché par un obus, et mon grand-père Salmon partit dans la Mayenne annoncer la triste nouvelle. Il ne fut pas insensible aux charmes d’Albertine, la sœur de son copain. Sans la guerre et la mort, je ne serais pas là. Comme quoi tout n'est pas si simple.  

Publicité

Publié dans premiersjouets

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
R
Bien ton blog ! Envie de plus de lecteur ? Pourquoi ne pas venir enregistrer ton blog sur notre annuaire ? \r\r Rendez vous à tous sur : referencement blog annuaire blog\r\r c'est gratuit ! Ca ne vous coutera que 10 secondes ;) SOYEZ LES PREMIERS !
Répondre