Noël au violon, l'année en chansons

Photographie professionnelle E.Boulin. Orléans.
Je porte un curieux habit composé pour le haut d’un costume marin et pour le bas d’un pantalon de golf ; le tout harmonieusement complété par des guêtres militaires. J’ai les cheveux courts et un regard d’artiste. Mon destin est tout tracé : je serais Paganini ou rien ! Le professeur de classique ne veut pas de mon instrument car l’archet est deux fois plus long que le violon. Je décroche le troisième prix au conservatoire de Romorantin option « folklore solognot » J’anime les bals campagnards avec mon crincrin. Je tente le jazz. Rien ne me réussit. Je me sépare de mon violon. Chez Sotheby’s j’achète deux Stradivarius, trois Guarnerius, un Vuillaume et quatre Amati. J’ai du mal à régler la facture avec mes cachets. Je suis contraint de jouer jour et nuit. Mes voisins ne se plaignent plus à la gendarmerie : ou je fais des progrès ou ils s’habituent. Raoul